Vendredi 11 Mars 2011 - Scène de vie insolite
Aujourd’hui, je vais relater une scène à laquelle j’ai assisté plutôt exceptionnelle.
Je sors fumer ma première cigarette, il est 7h30, c’est encore calme dans le quartier, j’entends un concours de « cris » d’oiseaux… Que se passe-t-il ?... Presque rien, un enterrement de corbeau… Et oui, ils sont comme nous. Impressionnant.
J’entends comme un choucas qui crie, dans un arbre dénudé, quasi sans branches (ou si peu), une horde de corbeaux, tous orientés la tête vissée vers l’Est, en train de « répondre » à celui qui n’a déjà plus le même cri qu’eux (les biens portants…).
Au début, je pense qu’un des leurs s’est fait taper par une voiture, que nenni… Ensuite je pense qu’il est devenu une proie facile pour tous ces carnassiers… encore loupé.
Non, ils sont « seulement » venus se recueillir tels ceux qui entourent « la mama » d’Aznavour, ou encore nous les humains, qui se recueillons devant une sépulture un jour gris et plein de pluie… je vous fais pas un dessin, on a tous connu ça, malheureusement.
Donc j’assiste à un enterrement de corbeau, oui promis j’ai pas fumé (enfin vous m’avez compris), ni bu, à jeun du matin !
Tous ces oiseaux sont donc dans un arbre maigrichon, ils sont tous orientés de la même façon, la « voix » du mourant s’atténue à chaque rappel, les oiseaux font, chacun leur tour, un tour sur eux-mêmes, en secouant le bas de leur corps (la queue) à chaque ronde, dans un ordre hiérarchique très méthodique.
Les cris de l’oiseau en péril s’amenuisent puis s’arrêtent.
Alors, un concert de chant d’oiseaux, digne d’un prélude à la fin d’une vie, entendu dans une église un jour de fin, se met en branle. Ca me fait froid dans le dos. Comment des oiseaux peuvent-ils vivre un épisode de leur vie identique au nôtre en pareille circonstance ? Il n’y a toujours aucun bruit dans l’atmosphère finalement de plus en plus lourd. Je rallume une cigarette, c’est un moment probablement unique, ou en tous les cas vachement rare, je veux « voir » la fin de ce moment.
Finalement, treize oiseaux partiront presque de concert. Chacun leur tour dans un silence impressionnant. Les neuf restants (soit au total 22 oiseaux quand même – je suis pas sûre d’avoir autant de monde quand se sera mon tour…) attendent, chacun a repris une branche « non attitrée » au départ, la hiérarchie restante se reforme. Ils sont calmes, attendent, peut-être prient-ils ? J’en sais rien, mais c’est l’image qu’ils donnent.
Puis ils partent les uns après les autres, c’est sûr j’en suis convaincu, c’est un moment rarissime.
Je les vois autrement maintenant, c’est con non ?
Ils me répugnaient, avec leur gros bec… Je les vois maintenant comme des oiseaux presque comme nous, étrange.
Le même jour j’en suis à trois jours de vue trouble… Et une foutue douleur dans le bas du dos à gauche (probablement la hernie discale qui fait des siennes…) on verra pour la suite des évènements.
Bonne soirée à tous, c’était un « clin d’œil » d’une journée pas tout à fait ordinaire.